Ce qu’il faut savoir sur le délai d’action du THS
- Ni la HAS (16 juillet 2014) ni Vidal (3 novembre 2025) ne fixent un délai chiffré d’efficacité.
- Le traitement cible les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale qui abîment la qualité de vie.
- L’estradiol par voie cutanée est préféré à la voie orale, moins exposée à la thrombose et à l’AVC.
- Le risque de thrombose veineuse et d’AVC pèse surtout pendant la première année de traitement.
- Dose minimale, durée la plus courte, réévaluation au moins une fois par an.
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 29 octobre 2026
Un délai non chiffré
Aucun texte de la HAS ni de Vidal ne promet un nombre de semaines. Le suivi médical sert de repère.
Deux cibles claires
Le traitement vise les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale qui pèsent sur ta qualité de vie.
La voie compte
L’estradiol cutané est préféré à la voie orale pour limiter le risque de thrombose et d’AVC.
Un bilan chaque année
Dose minimale, durée la plus courte, réévaluation au moins une fois par an avec ton médecin.
Aucun texte officiel ne chiffre le délai d’action du traitement hormonal. Ni la HAS dans son communiqué du 16 juillet 2014, ni la fiche Vidal mise à jour le 3 novembre 2025 n’écrivent « tu sentiras la différence au bout de X semaines ». Je préfère te le dire d’emblée plutôt que d’inventer un chiffre rassurant. Pour savoir si le THS fait effet, tu dois donc raisonner autrement : sur quoi tu le prends, sous quelle forme et quand ton médecin te revoit.
Au bout de combien de temps le THS fait-il effet ?
THS, THM, traitement hormonal substitutif ou traitement hormonal de la ménopause : ces noms désignent la même famille de médicaments. Les textes officiels écrivent THM, le grand public écrit THS. Dans les deux cas, il s’agit d’estrogènes, associés à un progestatif si tu as encore ton utérus.
Les recommandations CNGOF/GEMVi de 2021, que Vidal résume, établissent que le traitement diminue la fréquence et l’intensité des bouffées de chaleur, quels que soient le type, la dose ou la voie d’administration. Elles ne disent pas en combien de jours. Un témoignage de forum, lui, ne vaut pas un essai clinique : chaque corps réagit à son rythme.

Mon arbitrage tient en une habitude. Avant ta première prise, note pendant une ou deux semaines le nombre de bouffées de chaleur par jour et leur gêne la nuit. Ce petit carnet te donne une base de comparaison pour juger quand le THS fait effet. Il vaut davantage que n’importe quel délai moyen lu en ligne, et ton médecin saura l’exploiter.
Ne t’attends pas non plus à un interrupteur. Le traitement se règle. D’après Vidal, le médecin augmente la dose si les bouffées de chaleur ou la sécheresse persistent. Si tu juges le résultat insuffisant après quelques jours, ne change rien toi-même : appelle ton médecin et décris ce que tu observes.
Que soulage vraiment le traitement, et que ne promet-il pas ?
Vidal le réserve aux cas où les troubles de la ménopause nuisent « profondément » à la qualité de vie. Deux symptômes ressortent : les bouffées de chaleur et la sécheresse vaginale. La HAS juge le service médical rendu important dans cette situation, et modéré pour la seule spécialité à base d’estriol.
Un inconfort léger ne justifie donc pas le traitement. Je le dis franchement, parce qu’un médicament hormonal ne se prend pas par précaution. Il ne sert pas non plus à maigrir : si la balance monte alors que tu peux prendre du poids sans changer tes habitudes, cherche la cause ailleurs avant de blâmer ou d’attendre un miracle de ton patch.
Ce que le traitement n’annonce pas mérite d’être clair. Les deux indications citées par Vidal ne mentionnent ni le poids ni la peau, et aucun texte ne garantit la disparition totale des symptômes. Tu peux donc attendre un soulagement des symptômes visés, pas une métamorphose.
Patch, gel ou comprimé : quelle forme choisir ?
La forme change le risque. Vidal recommande l’estradiol par voie cutanée (patch ou gel) plutôt que par voie orale, avec un risque de thrombose et d’AVC moindre. Pour la partie progestative, les recommandations CNGOF/GEMVi privilégient la progestérone micronisée ou la dydrogestérone.
| Élément | Ce que disent les textes | Source |
|---|---|---|
| Estradiol cutané (patch, gel) | À privilégier, risque de thrombose et d’AVC plus faible | Vidal |
| Estradiol oral (comprimé) | Risque de thrombose et d’AVC plus élevé que par voie cutanée | Vidal |
| Progestatif avec utérus | Au moins 10 jours par mois | Vidal |
| Progestatif préféré | Progestérone micronisée ou dydrogestérone, 12 jours par mois minimum | CNGOF/GEMVi |
| Estrogènes seuls | À éviter si tu n’as pas subi d’hystérectomie | HAS |
Les deux chiffres sur les jours de progestatif diffèrent (10 jours chez Vidal, 12 dans les recommandations de 2021). Je ne tranche pas à ta place : demande à ton médecin lequel il applique, et pourquoi. Et si tu hésites entre patch et gel, retiens que le choix repose sur le confort d’usage, la peau et ton traitement actuel.
Quels effets du début doivent t’alerter ?
Au démarrage, une tension douloureuse des seins arrive souvent. Vidal indique qu’elle peut conduire le médecin à réduire la dose. En traitement continu, tu n’as pas de règles, mais ton médecin peut en déclencher après quelques mois.
Un saignement vaginal anormal change la donne : il contre-indique le traitement tant qu’on n’en connaît pas la cause. Appelle ton médecin sans attendre le prochain rendez-vous.
Autre point à connaître : le risque de thrombose veineuse et d’AVC se concentre surtout pendant la première année, selon la HAS. Ces signes justifient un appel immédiat :
- un mollet gonflé, chaud ou douloureux d’un seul côté
- un essoufflement brutal ou une douleur thoracique inhabituelle
- une bouche qui tombe, un bras faible ou une parole confuse
- un mal de tête violent, inédit et soudain
⚠️ Mollet douloureux, essoufflement brutal ou faiblesse d’un côté du corps : compose le 15, sans attendre la prochaine consultation.
Rien ne bouge après adaptation : que vérifier ?
Les recommandations CNGOF/GEMVi prévoient un cas précis. Si les bouffées de chaleur ne diminuent pas après adaptation des modalités du traitement, elles font évoquer des bouffées atypiques, c’est-à-dire dues à une autre cause.

Avant d’en arriver là, vérifie trois choses avec ton médecin : la régularité de tes prises, la dose, la forme choisie. Je déconseille d’ajouter un patch ou de doubler une dose de ta propre initiative. Plus d’hormone ne signifie pas plus de bénéfice, et les risques, eux, augmentent.
Si une grande lassitude, des sueurs inhabituelles ou d’autres signes s’ajoutent, la ménopause n’explique peut-être pas tout. Je te renvoie à ce que peut cacher une grande fatigue : une thyroïde, un fer bas ou un sommeil mal réparé se cachent parfois derrière ces troubles.
Pendant combien de temps garder le traitement ?
La HAS demande la dose minimale efficace et la durée la plus courte possible, avec une réévaluation au moins chaque année. Elle rappelle que le surrisque de cancer du sein augmente avec la durée du traitement. Vidal cite la cohorte E3N : les risques apparaissent à partir de 5 ans de traitement.
Les recommandations de 2021 posent aussi une limite d’initiation : démarrer au plus tard 10 ans après le début de la ménopause. Passé ce cap, la discussion avec ton médecin change.
Une dernière vérification vaut le détour. L’ANSM a alerté sur le méningiome : une étude EPIPHARE de juin 2023 relie le nomégestrol à un risque accru, et un an d’usage ou plus de médrogestone multiplie par 3,5 le risque de méningiome opéré. Regarde le nom du progestatif sur ton ordonnance, et pose la question si tu lis l’un de ces deux noms. Ces informations éclairent ta consultation, elles ne remplacent ni ton gynécologue ni ton médecin traitant, qui seuls prescrivent et ajustent ton traitement.
Que peux-tu attendre selon ce que tu veux soulager ?
Le traitement diminue la fréquence et l’intensité des bouffées de chaleur (recommandations CNGOF/GEMVi 2021). Aucun délai chiffré n’est fixé : garde ton carnet et compare avec ton médecin à la consultation de suivi.
La sécheresse vaginale fait partie des deux indications citées par Vidal. Si elle persiste, le médecin peut augmenter la dose. Ne modifie rien seule.
Une tension douloureuse des seins peut conduire à réduire la dose (Vidal). Un saignement vaginal anormal contre-indique le traitement : appelle ton médecin sans attendre.
Si les bouffées de chaleur ne diminuent pas après adaptation du traitement, ton médecin cherchera une autre cause (recommandations CNGOF/GEMVi 2021). Vérifie d’abord tes prises, la dose et la forme avec lui.
