Ce qu’il faut savoir sur la prise de sang EAL
- L’EAL regroupe cinq mesures en un seul prélèvement : aspect du sérum, cholestérol total, HDL, LDL et triglycérides
- La nomenclature officielle impose un jeûne de 12 heures avant le prélèvement
- Le calcul du LDL par la formule de Friedewald n’est valable que sous 3,4 g/L de triglycérides
- Le LDL cible varie de moins de 0,55 g/L à moins de 1,16 g/L selon ton risque cardiovasculaire
- L’examen n’est pas remboursé à 100 % par principe, comme la plupart des analyses de biologie courante
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 28 août 2026
Cinq paramètres, un seul tube
L’EAL n’est pas un dosage isolé. Elle associe systématiquement cinq résultats dans le même compte-rendu.
Le jeûne, une règle stricte
La nomenclature impose 12 heures sans manger avant le prélèvement. Sans cela, le laboratoire doit reporter l’examen.
Des cibles qui dépendent de toi
Un même taux de LDL n’a pas la même gravité selon ton âge, ton tabagisme ou tes antécédents cardiovasculaires.
En France, la prise de sang EAL porte le code 0996 dans la nomenclature des actes de biologie médicale. Elle explore cinq paramètres liés aux graisses qui circulent dans ton sang, à partir d’un seul prélèvement veineux au pli du coude.
Qu’est-ce qu’une EAL, la prise de sang qui explore ton cholestérol ?
EAL signifie exploration d’une anomalie lipidique. C’est le nom officiel du bilan
que tu connais peut-être sous celui de bilan lipidique ou de bilan cholestérol. Dans les faits, ce
sont deux façons de nommer le même acte.
Cet examen n’a rien d’anecdotique. Il sert de socle à toute la démarche de prévention
cardiovasculaire : c’est lui qui permet de repérer un excès de graisses circulantes avant qu’il ne
provoque le moindre dégât sur tes artères.
Le laboratoire y mesure toujours cinq éléments ensemble, jamais séparément : l’aspect du sérum,
le cholestérol total, les triglycérides, le cholestérol HDL et le cholestérol LDL. Cette dernière
valeur n’est d’ailleurs pas mesurée directement. Elle se calcule à partir des trois autres, grâce à
la formule de Friedewald.
Je considère ce point comme le plus mal compris du grand public : le LDL affiché sur ta feuille
de résultats est une estimation mathématique, pas une mesure brute. Cette formule perd sa fiabilité
au-dessus de 3,4 g/L de triglycérides. Dans ce cas précis, ton biologiste bascule sur
un dosage direct.
Concrètement, la formule s’écrit ainsi : LDL égale cholestérol total, moins HDL, moins
triglycérides divisés par 5, pour des valeurs exprimées en g/L. Au-delà du seuil vu plus haut, ton
biologiste peut la remplacer par un dosage direct du LDL, ou par celui de
l’apolipoprotéine B, sur sa propre initiative.
Un dernier repère mérite d’être connu : le cholestérol non-HDL, qui regroupe l’ensemble des
particules jugées les plus athérogènes. Certains biologistes l’ajoutent spontanément en marge du
LDL calculé, surtout quand tes triglycérides rendent la formule de Friedewald peu fiable.

Pourquoi ton médecin te prescrit une EAL ?
Ton médecin la prescrit dans deux grandes situations. La première : un dépistage, sans symptôme,
pour connaître ton profil de départ. La seconde : une surveillance régulière, si tu suis déjà un
traitement contre le cholestérol ou si un résultat précédent s’est révélé anormal.
En pratique, un premier bilan intervient le plus souvent à l’âge adulte, puis se répète environ
tous les 5 ans à partir de la quarantaine ou de la cinquantaine. Ce rythme se
resserre si tu cumules un ou plusieurs facteurs de risque :
- le tabac
- le diabète
- une hypertension mal contrôlée
- un antécédent familial d’infarctus précoce
- un surpoids marqué
Un cholestérol élevé ne provoque aucune douleur, aucune fatigue, aucun signe visible. C’est une
anomalie strictement biologique, qui passe inaperçue pendant des années avant de se manifester, au
pire, par un accident cardiovasculaire.
Bannir un œuf dur au petit-déjeuner pour préserver son cholestérol relève
d’une idée reçue tenace. Je la trouve dépassée : le cholestérol alimentaire et le cholestérol sanguin se
recoupent peu chez la majorité des gens.
❌ Non, manger des œufs ne fait pas mécaniquement grimper ton
cholestérol sanguin : la plus grande part de ton LDL vient de ta production hépatique, pas de ton
assiette.

Faut-il vraiment être à jeun avant une EAL ?
Oui, et ce n’est pas une simple recommandation de confort. La nomenclature des actes de biologie
médicale, dans sa version en vigueur depuis le 5 janvier 2022, impose un jeûne de
12 heures avant le prélèvement. Le texte est net sur ce point : si tu n’es pas à
jeun, le préleveur doit reporter l’examen plutôt que de le réaliser dans de mauvaises conditions.
📏 12 heures de jeûne strict, eau autorisée à volonté : c’est la
règle imposée par la nomenclature officielle pour une EAL fiable.
Pendant ces douze heures, tu ne peux boire que de l’eau. Un repas récent, même léger, fait grimper
tes triglycérides et fausse le calcul du LDL vu plus haut.
Le premier geste du biologiste, avant même les quatre dosages, consiste à observer l’aspect de
ton sérum une fois décanté : limpide, opalescent ou lactescent. Un sérum trouble oriente déjà vers un
excès de triglycérides, avant tout résultat chiffré.
Une glycémie à jeun accompagne souvent l’EAL sur la même ordonnance, dans la même logique de
jeûne : je détaille ailleurs ce qu’est le dextrose et son rôle dans cette
mesure.
Comment lire tes résultats de cholestérol et triglycérides ?
Ta feuille de résultats affiche quatre chiffres, en g/L ou en mmol/L : le cholestérol total, le
HDL, le LDL et les triglycérides. Le HDL joue un rôle protecteur, il capte l’excès de cholestérol
dans tes artères pour le ramener vers ton foie. Le LDL fait l’inverse : il dépose du cholestérol sur
les parois de tes vaisseaux.
Si ton HDL descend sous 0,30 g/L, le biologiste peut, de sa propre initiative,
ajouter un dosage complémentaire d’apolipoprotéine A1 pour vérifier ce résultat bas.
Ce réflexe fait partie de la nomenclature de l’acte, tu n’as rien à demander toi-même.
Pour les triglycérides, la vigilance grandit au-dessus de 1,5 g/L, et devient
franche au-delà de 5 g/L, seuil où le risque de pancréatite aiguë s’ajoute au risque
cardiovasculaire. En dessous de 1,5 g/L, ce paramètre est généralement jugé satisfaisant.
Certains médecins associent à l’EAL d’autres dosages selon ton profil, comme un contrôle du
cholécalciférol, ta vitamine D de réserve, si une carence est suspectée.
Retiens surtout ceci : un chiffre isolé ne veut rien dire. Ce qui compte, c’est la combinaison de
tes quatre valeurs, croisée avec ton âge, ton tabagisme et tes antécédents. Deux personnes avec le
même LDL peuvent recevoir un avis totalement différent.
Le rapport entre ton cholestérol total et ton HDL donne une indication complémentaire utile,
surtout quand le calcul du LDL manque de fiabilité. Un chiffre bas sur ce ratio va généralement de
pair avec un profil plus favorable, mais je ne le lis jamais seul non plus.

Quelles valeurs cibles selon ton risque cardiovasculaire ?
Un LDL à 1,20 g/L n’a pas la même portée chez un jeune adulte sans facteur de risque et chez
quelqu’un qui a déjà fait un infarctus. Les recommandations européennes, reprises en France, fixent
une cible de LDL qui va de moins de 0,55 g/L à moins de 1,16 g/L
selon ton niveau de risque cardiovasculaire, pas un seuil universel.
| Niveau de risque | Situation type | LDL cible |
|---|---|---|
| Faible | Aucun facteur de risque connu | Moins de 1,16 g/L |
| Modéré | Un ou deux facteurs de risque | Moins de 1,00 g/L |
| Élevé | Diabète, hypertension mal contrôlée | Moins de 0,70 g/L |
| Très élevé | Antécédent d’infarctus ou d’AVC | Moins de 0,55 g/L |
Si tes résultats dépassent la cible qui te correspond, je conseille d’abord d’agir sur ton hygiène
de vie avant d’envisager un traitement : réduire les graisses saturées, marcher ou
nager régulièrement, arrêter le tabac. Un contrôle est généralement refait
trois mois plus tard pour juger de l’effet, en reprenant l’intégralité de l’EAL et
pas seulement ton LDL.
Si ton résultat ne baisse pas malgré ces mesures, ou s’il est très élevé dès le départ, une
statine peut t’être proposée. Cette décision revient à ton médecin, jamais à une
lecture isolée de ta feuille de résultats. Je le redis avec insistance : ce bilan n’a de sens que
replacé dans ton dossier complet, jamais lu seul.
FAQ sur la prise de sang EAL
Quelles sont les valeurs normales d’un bilan lipidique ?
Il n’existe pas un seuil unique, mais des cibles selon ton risque cardiovasculaire, de moins de 0,55 g/L à moins de 1,16 g/L pour le LDL. Le cholestérol total et les triglycérides s’interprètent avec ces mêmes repères.
Certains aliments aident-ils vraiment à faire baisser le cholestérol ?
Les fibres solubles, présentes dans l’avoine ou les légumineuses, réduisent l’absorption intestinale du cholestérol. Leur effet pèse moins lourd que celui d’un traitement quand le LDL dépasse largement la cible.
Un jeûne partiel suffit-il avant l’examen ?
Non. La nomenclature impose 12 heures de jeûne strict, eau comprise à volonté mais rien d’autre. En dessous de cette durée, le laboratoire doit reporter le prélèvement.
Combien coûte une EAL et est-elle remboursée ?
L’acte est coté 16 B dans la nomenclature et suit le remboursement standard de l’Assurance Maladie, sans prise en charge à 100 % par principe. Le solde revient à ta mutuelle ou à ta charge.
Vrai ou faux sur ton cholestérol
Question 1 / 3
Un cholestérol élevé se ressent toujours par des symptômes.
Question 2 / 3
Il faut être à jeun depuis 12 heures avant une EAL.
Question 3 / 3
Manger des œufs fait automatiquement grimper ton cholestérol sanguin.
